À retenir
- Une instabilité après un VPPB ne signifie pas automatiquement que les cristaux se sont à nouveau déplacés : une réévaluation recherche la cause.
- La rééducation peut être adaptée au bilan, mais les données sur les symptômes résiduels restent limitées et aucun délai n’est garanti. Des signes neurologiques soudains nécessitent le 112 ; une baisse soudaine de l’audition exige un avis urgent.
Quand les grandes rotations disparaissent, mais que l’équilibre reste perturbé
Les manœuvres réalisées pour votre vertige positionnel paroxystique bénin, ou VPPB, ont amélioré les crises. Vous pouvez à nouveau vous coucher sans que la pièce tourne. Pourtant, vous ressentez encore un flottement, une instabilité ou une gêne lorsque vous marchez et tournez la tête.
Cette situation peut survenir après le traitement d’un VPPB. Elle ne signifie pas automatiquement que les « cristaux » se sont à nouveau déplacés, ni que vous devez simplement attendre sans accompagnement.
La première étape est de préciser ce qui persiste. Selon le bilan, une surveillance, une nouvelle manœuvre, une rééducation vestibulaire ou un avis médical peuvent être indiqués.
Pourquoi peut-on rester gêné après une manœuvre ?
Le VPPB est lié à la présence de petites particules, appelées otoconies, dans un canal de l’oreille interne où elles perturbent la perception du mouvement. Les manœuvres de repositionnement visent à les déplacer hors de ce canal.
Après leur traitement, certaines personnes continuent à ressentir une gêne différente des crises initiales. On parle alors parfois de symptômes résiduels, notamment lorsque les tests positionnels ne retrouvent plus les signes du VPPB.
Plusieurs mécanismes sont envisagés : réadaptation des informations d’équilibre, perturbations associées du système vestibulaire ou changements dans la manière de bouger depuis les premières crises. Il n’existe pas une explication unique valable pour tout le monde.
Reconnaître ce qui persiste
Une sensation de flottement ou d’instabilité
Vous n’avez plus l’impression que la pièce tourne, mais vous vous sentez moins stable. Vous pouvez hésiter dans vos déplacements ou être gêné lorsque vous changez de direction.
Cette sensation peut correspondre à une gêne résiduelle, mais elle mérite une réévaluation si elle persiste ou limite vos activités.
Le retour de brèves rotations dans certaines positions
Si vous ressentez à nouveau une rotation en vous retournant dans le lit, en vous couchant ou en regardant vers le haut, un VPPB encore présent ou récidivant doit être recherché.
La bonne réponse n’est pas nécessairement de répéter la dernière manœuvre : le côté et le canal concernés doivent être vérifiés.
Des symptômes différents ou continus
Un vertige permanent, une baisse de l’audition, des maux de tête inhabituels ou un malaise ne doivent pas être automatiquement attribués aux suites du VPPB.
Une autre affection peut être présente, comme une migraine vestibulaire, un déficit vestibulaire, une baisse de tension ou un effet médicamenteux. Le professionnel vous oriente vers un médecin lorsque cela est nécessaire.
Quand faut-il consulter en urgence ?
Appelez le 112 si un vertige soudain s’accompagne d’une difficulté à parler, d’une faiblesse d’un côté du corps, d’une vision double, d’une incapacité nouvelle à tenir debout ou à marcher, ou d’un mal de tête brutal et inhabituel.
Une baisse soudaine de l’audition, un nouveau vertige intense et continu ou des vomissements répétés nécessitent également une évaluation médicale urgente.
Un antécédent de VPPB ne permet pas de considérer automatiquement un nouvel épisode comme bénin.
À quoi sert le bilan vestibulaire ?
Le bilan permet de comparer les symptômes actuels avec ceux du début et d’évaluer leur impact sur votre quotidien.
Votre kinésithérapeute s’intéresse notamment :
- Aux situations qui déclenchent ou aggravent la gêne.
- À la durée des épisodes.
- Aux résultats des manœuvres précédentes.
- À votre stabilité debout et pendant la marche.
- Aux éventuelles difficultés visuelles lors des mouvements de tête.
- Aux chutes, aux traitements et aux symptômes associés.
Des tests positionnels peuvent être répétés. L’observation des mouvements des yeux, parfois à l’aide d’un dispositif de vidéonystagmoscopie, complète l’examen.
L’objectif est de déterminer ce qui relève de la rééducation et ce qui nécessite des investigations médicales supplémentaires.
Comment la rééducation peut-elle aider ?
Lorsque le VPPB a été traité mais que certaines difficultés persistent, une rééducation individualisée peut être proposée.
Retrouver de l’aisance dans les déplacements
Le travail peut porter sur la marche, les changements de direction ou les mouvements de tête pendant les activités.
Les exercices sont choisis à partir des gestes qui vous posent problème, avec une progression adaptée à vos capacités et au risque de chute.
Reprendre progressivement les mouvements évités
Après des crises impressionnantes, il est compréhensible de tourner la tête moins souvent ou de se déplacer avec prudence.
Un accompagnement permet de réintroduire progressivement ces mouvements. Il ne s’agit pas de provoquer le plus de vertiges possible, mais de trouver une difficulté supportable et utile.
Travailler la stabilité du regard lorsque cela est indiqué
Si le bilan met en évidence un problème de stabilisation visuelle lié à un déficit vestibulaire, des exercices spécifiques peuvent être proposés.
Ils ne sont pas nécessaires chez toutes les personnes ayant eu un VPPB. Le programme dépend des difficultés réellement identifiées.
Retrouver confiance
La peur d’une nouvelle crise peut modifier la manière de marcher et limiter les sorties. Expliquer les symptômes et construire une progression concrète peut aider à reprendre les activités.
Cela ne signifie pas que les sensations sont imaginaires ou qu’elles se résument au stress.
Que montrent les études ?
Des études suggèrent que la rééducation vestibulaire peut améliorer certains symptômes et certaines mesures d’équilibre après un VPPB traité.
Une étude publiée en 2025, portant sur 30 participants, a notamment observé des améliorations plus importantes de certains résultats avec une rééducation associant séances et exercices à domicile qu’avec des conseils d’activité aérobie seuls.
Ces résultats sont encourageants, mais les études spécifiques aux symptômes résiduels restent limitées. Elles ne permettent pas de garantir un délai de récupération ni de proposer le même programme à tout le monde.
Les preuves sont plus solides pour la rééducation d’un déficit vestibulaire périphérique confirmé. Cette situation doit être distinguée d’une simple gêne après VPPB.
Quelle est la place de la réalité virtuelle ?
La réalité virtuelle peut servir de support pour exposer progressivement une personne à des environnements visuels complexes ou en mouvement.
Elle peut être envisagée lorsque le bilan identifie une sensibilité à ces situations, par exemple dans les magasins ou les lieux fréquentés. Le contenu, la durée et l’intensité doivent être adaptés, car l’immersion peut elle-même provoquer des nausées ou accentuer temporairement les symptômes.
Elle n’est ni indispensable ni systématiquement supérieure aux exercices classiques. Les données ne permettent pas d’affirmer qu’elle accélère à elle seule la récupération des symptômes résiduels après un VPPB.
Le choix de l’outil vient après celui de l’objectif thérapeutique.
Combien de temps la gêne peut-elle durer ?
L’évolution varie. Certaines personnes s’améliorent progressivement en quelques jours ou semaines ; d’autres ont besoin d’une évaluation plus approfondie et d’un accompagnement.
Les recommandations sur le VPPB prévoient une réévaluation dans le mois suivant le traitement pour vérifier sa résolution ou la persistance des symptômes. Il n’est pas nécessaire d’attendre ce délai si la gêne s’aggrave, si vous chutez ou si de nouveaux signes apparaissent.
Et si les sensations durent plusieurs mois ?
Une instabilité ou des sensations de mouvement présentes la plupart des jours depuis au moins trois mois, aggravées par la station debout, les déplacements et les environnements visuels complexes, peuvent faire évoquer un vertige postural-perceptuel persistant, souvent appelé PPPD.
Un VPPB peut précéder ce trouble, mais la durée des symptômes ne suffit pas à poser le diagnostic. Une évaluation vérifie l’ensemble des critères et recherche d’autres explications.
Que faire au quotidien ?
En attendant les consignes adaptées à votre situation :
- Sécurisez vos déplacements et utilisez un appui si nécessaire.
- Prévoyez un bon éclairage, notamment la nuit.
- Évitez de conduire ou de travailler en hauteur si votre équilibre ou votre vision restent perturbés.
- Notez les situations difficiles pour en discuter lors du bilan.
- Suivez les exercices qui vous ont été expliqués, plutôt que de multiplier les manœuvres trouvées en ligne.
Après évaluation, la reprise des activités peut être organisée progressivement. Une aggravation importante ou durable après les exercices doit conduire à en revoir le dosage avec votre praticien.
Questions fréquentes
Faut-il refaire une manœuvre dès que je me sens instable ?
Non. Une sensation d’instabilité ne prouve pas la présence d’un VPPB actif. Les tests permettent de déterminer si une manœuvre est encore indiquée.
Dois-je rester immobile après le traitement ?
Les restrictions systématiques de position ne sont généralement pas recommandées après une manœuvre pour un VPPB du canal postérieur. Des adaptations peuvent néanmoins être nécessaires selon votre état et votre sécurité.
Les exercices doivent-ils provoquer des vertiges ?
Une gêne légère et transitoire peut survenir avec certains exercices. Une réaction intense ou prolongée n’est pas un objectif et doit être signalée pour adapter le programme.
La rééducation empêche-t-elle les récidives ?
Elle peut aider à améliorer l’équilibre et les capacités fonctionnelles, mais elle ne garantit pas l’absence d’un nouvel épisode de VPPB.
Un accompagnement à Marcinelle, près de Charleroi
Vous restez gêné après le traitement d’un VPPB ou vous hésitez à reprendre vos activités ?
Au Centre Avenue Meurée, un bilan en kinésithérapie vestibulaire permet de faire le point sur vos symptômes et de déterminer l’accompagnement adapté, en lien avec votre médecin ou votre ORL lorsque cela est nécessaire.
Prendre rendez-vous pour un bilan vestibulaire
Découvrir la kinésithérapie vestibulaire au centre
Centre Avenue Meurée
86, Avenue Marius Meurée · 6001 Marcinelle
Téléphone : 071 20 90 09
Cet article apporte des informations générales. Il ne permet pas de déterminer la cause de vos symptômes et ne remplace pas une évaluation individuelle.
Sources et références
1. Bhattacharyya et collaborateurs — Clinical Practice Guideline: Benign Paroxysmal Positional Vertigo (Update), 2017.
Recommandations sur le traitement du VPPB, la réévaluation et la recherche d’autres causes lorsque les symptômes persistent.
Consulter sur PubMed
2. Shiozaki et collaborateurs — Effects of vestibular rehabilitation in patients with residual dizziness after treatment for benign paroxysmal positional vertigo, 2025.
Étude portant sur 30 participants, suggérant un intérêt de la rééducation pour certains symptômes et certaines mesures de contrôle postural.
Consulter sur PubMed
3. Hall et collaborateurs — Vestibular Rehabilitation for Peripheral Vestibular Hypofunction: An Updated Clinical Practice Guideline, 2022.
Recommandations concernant les déficits vestibulaires périphériques confirmés, les exercices individualisés et la place éventuelle des outils technologiques. Elles ne s’appliquent pas automatiquement à toute gêne après VPPB.
Consulter sur PubMed
4. Staab et collaborateurs — Diagnostic criteria for persistent postural-perceptual dizziness (PPPD), 2017.
Consensus de la Société Bárány définissant les critères diagnostiques du PPPD et sa distinction avec d’autres troubles vestibulaires.
Consulter sur PubMed
5. NHS — Vertigo.
Informations destinées aux patients sur les vertiges et les signes nécessitant une évaluation urgente. Le numéro d’urgence utilisé dans cet article est adapté à la Belgique.
Consulter le NHS
6. National Institute on Deafness and Other Communication Disorders — Balance Disorders.
Repères sur les troubles de l’équilibre, leur évaluation et la prévention des chutes.
Consulter le NIDCD


