À quoi sert le système vestibulaire ?
Situé dans l’oreille interne, le système vestibulaire renseigne le cerveau sur les mouvements et la position de la tête. Il participe à l’équilibre et aide à maintenir une vision stable lorsque vous bougez.
Il fonctionne avec la vision et les informations provenant des muscles et des articulations. Une perturbation de ce fonctionnement peut entraîner des vertiges, une instabilité ou une gêne visuelle pendant les mouvements.
Tous les étourdissements ne viennent cependant pas de l’oreille interne. Identifier leur origine permet de proposer une prise en charge pertinente.
Dans quelles situations la kinésithérapie vestibulaire peut-elle aider ?
Les vertiges positionnels liés aux « cristaux »
Le vertige paroxystique positionnel bénin, ou VPPB, provoque généralement des épisodes brefs déclenchés par certaines positions de la tête, par exemple en se couchant ou en se retournant dans le lit.
Il est lié au déplacement de petits cristaux de l’oreille interne dans un canal où ils perturbent la perception du mouvement.
Lorsque les tests confirment un VPPB, une manœuvre de repositionnement adaptée au canal concerné est un traitement recommandé. Une amélioration peut être rapide, mais une réévaluation reste nécessaire si les symptômes persistent ou réapparaissent.
Une diminution du fonctionnement vestibulaire
Après une atteinte vestibulaire, notamment une névrite, certaines personnes restent gênées par les mouvements de tête ou les déplacements.
Lorsqu’un déficit vestibulaire périphérique est identifié, la rééducation bénéficie de preuves scientifiques solides. Elle peut améliorer la stabilité du regard, l’équilibre et les capacités fonctionnelles.
Les exercices sont choisis selon les difficultés rencontrées et progressent avec votre tolérance.
Une instabilité persistante
Des difficultés à marcher en tournant la tête, à changer de direction ou à évoluer dans certains environnements peuvent justifier une évaluation.
La place de la rééducation dépend du diagnostic. Les troubles de l’équilibre peuvent associer plusieurs facteurs et nécessiter une coordination avec votre médecin ou d’autres professionnels.
Quels bénéfices peut-on rechercher ?
Les objectifs sont définis à partir des activités qui vous posent problème. Il peut s’agir de :
- mieux tolérer les mouvements de tête ;
- conserver une vision plus stable pendant les déplacements ;
- améliorer votre équilibre debout et à la marche ;
- reprendre progressivement certaines activités évitées ;
- retrouver davantage de confiance dans vos mouvements.
Les résultats dépendent notamment de l’origine des troubles, de votre état de santé et de l’évolution au cours du suivi. La rééducation ne garantit pas la disparition de tous les symptômes ni l’absence de récidive.
Comment se déroule le bilan ?
La première séance commence par un échange sur vos symptômes : leur apparition, leur durée, les mouvements qui les déclenchent et leurs conséquences au quotidien.
Le kinésithérapeute tient compte de vos antécédents, de vos traitements et des examens médicaux disponibles.
Selon la situation, le bilan peut comporter des tests positionnels, une observation des mouvements des yeux et une évaluation de l’équilibre ou de la marche.
Un masque de vidéonystagmoscopie peut aider à observer certains mouvements involontaires des yeux. Cet outil contribue à l’évaluation, mais ne permet pas, à lui seul, d’identifier toutes les causes de vertiges.
Si les observations le nécessitent, un avis médical complémentaire est recommandé.
Un traitement adapté à la cause
Des manœuvres spécifiques pour le VPPB
Les manœuvres de repositionnement sont choisies selon les résultats des tests. Elles peuvent provoquer brièvement le vertige habituel ou des nausées.
Elles ne sont pas adaptées à toutes les causes de vertiges et ne doivent pas être reproduites au hasard à partir d’une vidéo.
Des exercices progressifs
Pour d’autres troubles vestibulaires, la prise en charge peut associer un travail de stabilisation du regard, d’équilibre et de marche, ainsi qu’une exposition progressive à certains mouvements gênants.
Des exercices à domicile peuvent compléter les séances. Le praticien vous précise leur fréquence, leur difficulté et les réactions acceptables.
Une gêne temporaire peut survenir, mais l’objectif n’est pas de provoquer des symptômes intenses. Une réaction importante ou prolongée nécessite d’ajuster le programme.
Un suivi réévalué
Les progrès sont appréciés à partir de vos symptômes, des tests utiles et de vos capacités dans la vie quotidienne.
Le traitement est adapté lorsque les objectifs évoluent, que les résultats sont insuffisants ou qu’un autre avis devient nécessaire.
Quand demander un avis médical urgent ?
Un vertige nouveau et brutal accompagné de difficultés à parler, d’une vision double, d’une faiblesse ou d’un engourdissement d’un membre nécessite une évaluation urgente : appelez le 112.
Une baisse soudaine de l’audition ou un vertige inhabituel accompagné d’un mal de tête intense nécessite également un avis médical urgent. N’attendez pas votre rendez-vous de kinésithérapie.
Questions fréquentes
Faut-il une prescription médicale ?
Oui. Une prescription de votre médecin traitant ou d’un spécialiste est demandée au centre. Apportez-la lors de votre première séance, avec les résultats des examens déjà réalisés.
Combien de séances faut-il prévoir ?
Cela dépend du diagnostic et de votre évolution. Un VPPB peut parfois s’améliorer après une seule manœuvre, tandis qu’un déficit vestibulaire nécessite souvent un programme sur plusieurs semaines.
Le nombre de séances est réévalué selon vos besoins, sans nombre fixe garantissant la guérison.
Peut-on traiter la maladie de Ménière avec des manœuvres ?
Les manœuvres de repositionnement traitent un VPPB, pas la maladie de Ménière elle-même.
Si vous présentez une maladie de Ménière, le suivi médical ORL reste essentiel. Une rééducation peut être discutée pour certaines difficultés persistantes d’équilibre, selon votre situation.
Est-il normal de se sentir gêné après une séance ?
Une fatigue, des nausées ou une sensation temporaire d’instabilité peuvent apparaître. Elles ne constituent pas une preuve d’efficacité du traitement.
Signalez une réaction importante, inhabituelle ou persistante. Des symptômes nouveaux doivent être évalués, plutôt qu’attribués automatiquement à la séance.
Puis-je conduire après la consultation ?
Nous recommandons de prévoir un accompagnant pour la première séance. Ne conduisez pas si vous ressentez encore des vertiges, une instabilité ou une gêne visuelle incompatible avec une conduite sûre.
Quels sont les tarifs ?
Nos kinésithérapeutes sont conventionnés et appliquent les tarifs fixés par l’INAMI, sans supplément d’honoraires.
Les modalités de remboursement dépendent de votre situation. Le secrétariat peut vous renseigner avant le début du suivi.
Faire le point sur vos vertiges
Vos symptômes vous gênent dans vos déplacements ou vos activités ? Un bilan permet de préciser vos difficultés et de discuter d’une prise en charge adaptée, en lien avec votre suivi médical.
Centre Avenue Meurée
86, Avenue Marius Meurée · 6001 Marcinelle
071/20.90.09
Sources et références
- Hall et collaborateurs, 2022 — Recommandations cliniques : Bénéfices établis de la rééducation pour les déficits vestibulaires périphériques identifiés, sans extrapolation à toutes les causes de vertiges. Consulter la source.
- McDonnell et Hillier, 2015 — Revue Cochrane : Efficacité de la rééducation sur les symptômes et les capacités fonctionnelles dans les atteintes vestibulaires périphériques unilatérales. Consulter la source.
- Bhattacharyya et collaborateurs, 2017 — Recommandations sur le VPPB : Diagnostic, manœuvres de repositionnement adaptées et réévaluation du vertige paroxystique positionnel bénin. Consulter la source.
- NHS — Vertiges : conseils aux patients : Signes nécessitant une évaluation médicale urgente. Le numéro d’urgence indiqué sur cette page est adapté à la Belgique : 112. Consulter la source.




