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Conseils & santé

GLP-1 : arnaque, dépendance… peut-on vraiment arrêter quand on veut ?

Illustration d’une consultation de nutrition autour des traitements GLP-1

Nutrition

« Si je reprends du poids après l’arrêt, à quoi bon commencer ? »

« Est-ce que je vais devenir dépendant des injections ? »

« Une fois mon objectif atteint, pourrai-je arrêter ? »

Les traitements comme Ozempic, Wegovy ou Mounjaro suscitent beaucoup d’espoir, mais aussi des inquiétudes. Entre les transformations spectaculaires sur les réseaux sociaux et les témoignages contradictoires, il est parfois difficile de s’y retrouver.

Ces médicaments peuvent être efficaces dans des situations précises. Mais la prescription ne constitue que le début de la prise en charge. Le suivi médical et l’accompagnement nutritionnel occupent une place essentielle, pendant le traitement comme au moment de l’arrêter.

L’endocrinologue et le nutritionniste peuvent ainsi vous accompagner avec des rôles complémentaires.

Les GLP-1, qu’est-ce que c’est ?

Le GLP-1 est une hormone produite par notre organisme, notamment après un repas. Elle participe à la régulation de l’appétit et de la glycémie, c’est-à-dire du taux de sucre dans le sang.

Certains médicaments reproduisent une partie de ses effets. Le sémaglutide est présent dans Ozempic et Wegovy. Le tirzépatide, commercialisé sous le nom Mounjaro, agit sur deux cibles : le GLP-1 et le GIP.

Ces traitements n’ont pas tous les mêmes indications ni les mêmes doses. Dans l’Union européenne, Ozempic est destiné au diabète de type 2, Wegovy à la gestion du poids selon certains critères, et Mounjaro dispose d’indications dans ces deux domaines. Ils nécessitent une prescription et une évaluation médicale. Informations de l’Agence européenne des médicaments

Une arnaque ? Leur efficacité est réelle, mais les promesses ont des limites

Dans une étude portant sur 1 961 personnes, les participants traités par Wegovy ont perdu en moyenne environ 15 % de leur poids après 68 semaines, contre environ 2 % sous placebo. Le traitement s’inscrivait dans un accompagnement comprenant alimentation et activité physique.

Cette moyenne ne garantit pas votre résultat personnel : la réponse varie d’une personne à l’autre. Évaluation de Wegovy par l’EMA

Les promesses deviennent trompeuses lorsqu’elles présentent ces médicaments comme une solution définitive, sans risque, sans suivi ou adaptée à toute personne souhaitant perdre quelques kilos.

Il existe également de véritables fraudes. L’EMA alerte sur des produits illégaux vendus en ligne comme des traitements GLP-1. Une injection achetée sur les réseaux sociaux ou auprès d’un vendeur non autorisé peut avoir une composition et une qualité incertaines. Alerte de l’EMA

Pourquoi le suivi professionnel est-il primordial ?

Une baisse du chiffre sur la balance ne suffit pas à évaluer la réussite du traitement. Il faut aussi prendre en compte votre santé, votre tolérance, votre alimentation et votre qualité de vie.

L’OMS recommande d’intégrer ces médicaments dans une prise en charge globale, comprenant un accompagnement alimentaire, une activité physique adaptée et un suivi à long terme. Recommandations de l’OMS

L’endocrinologue : évaluer et suivre le traitement

L’endocrinologue est un interlocuteur particulièrement pertinent lorsqu’un diabète, un trouble hormonal ou une situation métabolique complexe accompagne les difficultés de poids.

Il peut évaluer l’indication du médicament, examiner vos antécédents et vos autres traitements, surveiller les résultats et adapter la prise en charge. Les consultations permettent également de discuter des effets indésirables, de la durée du traitement et d’un éventuel arrêt.

Un suivi endocrinologique n’est pas obligatoire pour chaque personne : le parcours dépend de la situation médicale. Dans tous les cas, un prescripteur identifié doit superviser le traitement et pouvoir être contacté en cas de difficulté. OMS : importance d’une supervision professionnelle

Le nutritionniste : vous accompagner au quotidien

Une diminution de l’appétit ne répond pas à toutes les questions : comment organiser vos repas, conserver une alimentation équilibrée ou adapter vos habitudes lorsque la faim change ?

Le nutritionniste, selon sa formation et ses compétences, vous accompagne pour construire une alimentation adaptée à vos besoins, à vos préférences et à votre tolérance. Il peut vous aider à identifier les difficultés rencontrées et à préparer les changements dans la durée.

Cet accompagnement garde toute son importance après un éventuel arrêt. Il permet de travailler sur le retour de l’appétit et le maintien d’habitudes utiles, sans promettre d’empêcher toute reprise de poids. OMS : place de l’alimentation dans la prise en charge, NICE : accompagnement après l’arrêt

Le suivi nutritionnel complète le suivi médical. Les décisions de prescription, de dose et d’arrêt restent du ressort du prescripteur.

Reprendre du poids à l’arrêt, est-ce devenir dépendant ?

Une reprise de poids après l’arrêt ne démontre pas une addiction. Elle peut traduire la disparition de l’effet du médicament sur l’appétit et la régulation du poids.

L’obésité est une maladie chronique avec un risque de rechute. Un traitement peut aider à la contrôler pendant son utilisation, sans supprimer durablement tous les mécanismes qui y contribuent. Cela explique pourquoi une prise en charge prolongée peut être envisagée. Recommandations de l’OMS

La peur de retrouver la faim ou de reprendre du poids peut néanmoins être très présente. Elle mérite d’être discutée avec l’endocrinologue et le nutritionniste.

Avoir besoin d’un traitement prolongé ne constitue pas un manque de volonté. Commencer un traitement ne signifie pas non plus qu’il sera obligatoirement poursuivi toute la vie : son intérêt doit être réévalué avec vous.

Que montrent les études après l’arrêt ?

Dans le suivi d’une partie des participants de l’étude STEP 1, les personnes ayant reçu du sémaglutide ont repris en moyenne environ les deux tiers du poids précédemment perdu dans l’année suivant l’arrêt.

Cela ne signifie pas deux tiers de leur poids corporel. Pour une perte de 15 kg, deux tiers représenteraient environ 10 kg repris.

Une limite compte : le médicament et l’accompagnement structuré du mode de vie avaient été interrompus. Toute la reprise ne peut donc pas être attribuée au seul arrêt du médicament. Étude STEP 1 et son extension

Dans l’étude SURMOUNT-4, l’arrêt du tirzépatide a également entraîné une reprise de poids importante, malgré la poursuite des conseils sur l’alimentation et l’activité physique. Les personnes poursuivant le traitement maintenaient mieux leur perte de poids. Essai SURMOUNT-4

Ces résultats décrivent un risque réel, pas une évolution identique pour chaque patient. Une reprise de poids doit conduire à réévaluer la prise en charge, sans culpabilisation.

Peut-on arrêter quand on veut ?

Vous pouvez souhaiter arrêter en raison d’effets indésirables, du coût, d’un projet de grossesse, d’un bénéfice insuffisant ou d’une préférence personnelle. Ces raisons doivent pouvoir être abordées librement.

L’arrêt se prépare avec le prescripteur, notamment l’endocrinologue lorsqu’il assure votre suivi. Chez une personne diabétique, il faut anticiper l’évolution de la glycémie et une éventuelle adaptation des autres médicaments. La notice de Wegovy recommande de consulter son médecin avant toute interruption. Notice officielle de Wegovy

Il n’existe pas de méthode universelle d’arrêt progressif dont on puisse garantir qu’elle empêchera la reprise de poids. Les données sur les meilleures stratégies de maintien et d’arrêt restent limitées. Questions-réponses de l’OMS

N’espacez pas les injections et ne modifiez pas les doses à partir d’une recette trouvée en ligne. Après une interruption, ne reprenez pas automatiquement votre ancienne dose : une reprise à dose plus faible peut être nécessaire pour certains traitements. Informations officielles de Wegovy

Préparer la suite dès le début

Avant de commencer, vous pouvez poser ces questions :

  • Qui assurera mon suivi médical et à quel rythme ?
  • Quel accompagnement avec un nutritionniste est prévu ?
  • Quels bénéfices attend-on pour ma santé, au-delà du poids ?
  • Quels symptômes dois-je signaler rapidement ?
  • Que prévoit-on si le traitement ne me convient pas ou si je souhaite l’arrêter ?

Vous devez savoir à qui vous adresser entre les rendez-vous. Une difficulté à manger, un effet indésirable ou une inquiétude mérite une réponse avant de vous conduire à modifier seul votre traitement.

Quels symptômes nécessitent un avis rapide ?

Les nausées, vomissements, diarrhées et la constipation font partie des effets indésirables possibles.

Une douleur abdominale forte et persistante, notamment si elle se prolonge dans le dos, impose un avis médical immédiat : une pancréatite doit être envisagée. Dans cette situation, interrompez le médicament et contactez immédiatement un professionnel de santé. Des vomissements répétés empêchant de boire nécessitent également une prise en charge rapide. Précautions concernant les traitements GLP-1

Être accompagné pour décider, poursuivre ou arrêter

Les GLP-1 peuvent apporter des bénéfices importants à des patients bien sélectionnés. Leur utilisation demande une information claire sur leurs effets, leurs limites et la suite du parcours.

L’endocrinologue et le nutritionniste ont des rôles complémentaires : superviser le traitement sur le plan médical et vous accompagner dans votre alimentation au quotidien. Leur coordination permet d’adapter la prise en charge à votre santé, à vos difficultés et à vos choix, pendant le traitement comme après son arrêt.

Vous vous posez des questions sur votre alimentation avec un traitement GLP-1 ?

Vous envisagez ce traitement, vous le prenez déjà ou vous préparez son arrêt avec votre médecin ? Sara vous accueille en consultation de nutrition au Centre Avenue Meurée, à Marcinelle, pour faire le point sur vos habitudes alimentaires, vos difficultés et vos besoins.

Un moment pour poser vos questions et construire un accompagnement personnalisé, en complément du suivi de votre endocrinologue. Les décisions concernant le médicament restent du ressort de votre prescripteur.

Prenez rendez-vous en nutrition avec Sara pour en parler.

Prendre rendez-vous en nutrition avec Sara

La fiche récapitulative à garder

Traitements GLP-1 : suivi médical, accompagnement nutritionnel et arrêt préparé avec le prescripteur. Fiche récapitulative des conseils et signes d’alerte détaillés dans cet article.
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