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Conseils & santé

Le surmenage chez les jeunes sportifs : comment le reconnaître et quel est le rôle du kinésithérapeute ?

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À retenir

  • Chez les jeunes sportifs, l’entraînement, la croissance, l’école et la récupération doivent être considérés ensemble.
  • Une douleur persistante, une fatigue inhabituelle ou une perte de motivation méritent de faire le point. L’accompagnement adapte la charge et la reprise aux besoins du jeune, sans réduire tous les symptômes à un surmenage.

Le sport permet aux enfants et aux adolescents de développer leurs capacités physiques, de partager des expériences et de gagner en confiance.

Mais entre les entraînements, les compétitions, l’école et les déplacements, les semaines peuvent devenir chargées. Lorsque la récupération ne suit plus, des douleurs, une fatigue inhabituelle ou une perte de motivation peuvent apparaître.

L’objectif n’est pas de décourager la pratique sportive, mais de trouver un rythme qui permette au jeune de progresser tout en préservant sa santé et son plaisir.

Que signifie « surmenage sportif » ?

Ce terme courant recouvre plusieurs situations qu’il est utile de distinguer :

  • Une blessure de surcharge concerne une zone du corps soumise à des sollicitations répétées auxquelles elle ne parvient plus à s’adapter suffisamment.
  • Le syndrome de surentraînement associe notamment une baisse durable des performances et une récupération perturbée. Il nécessite une évaluation médicale et la recherche d’autres causes.
  • L’épuisement sportif, ou burnout, comporte une dimension physique et psychologique, avec une perte de plaisir et un désengagement vis-à-vis du sport.

Une fatigue après une séance exigeante ne signifie donc pas, à elle seule, qu’un enfant est en surentraînement. C’est surtout sa persistance et son retentissement qui doivent attirer l’attention. [1]

Pourquoi tenir compte de la croissance ?

Un jeune sportif n’a pas les mêmes besoins qu’un adulte. Sa maturation, ses capacités physiques et ses contraintes quotidiennes évoluent.

Certaines zones où les tendons s’attachent à l’os peuvent notamment devenir douloureuses pendant la croissance, comme au talon dans la maladie de Sever ou sous le genou dans la maladie d’Osgood-Schlatter.

Cela ne signifie pas que le corps en croissance est incapable de supporter un entraînement exigeant. Une pratique progressive et adaptée peut être bénéfique ; les contraintes doivent être ajustées à chaque jeune.

Deux adolescents du même âge peuvent ainsi avoir des besoins différents. Leur expérience, leur maturation et leurs antécédents comptent davantage qu’un programme identique pour tous. [1] [2]

Quels signes doivent attirer l’attention ?

Il est utile de faire le point lorsque l’on observe :

  • une douleur qui revient au même endroit ou modifie les mouvements ;
  • une fatigue qui persiste malgré les périodes habituelles de repos ;
  • une baisse inexpliquée des performances ;
  • des difficultés de sommeil ou une irritabilité inhabituelle ;
  • des blessures répétées ;
  • une perte de plaisir ou une appréhension croissante avant les entraînements.

Ces signes ne désignent pas automatiquement un surmenage. Ils invitent à écouter le jeune et, s’ils persistent, à demander une évaluation. [1]

Une douleur récurrente ne doit pas être banalisée sous prétexte que « c’est la croissance ». Elle ne traduit pas nécessairement une lésion grave, mais mérite d’être comprise.

Regarder l’ensemble de la semaine

Le nombre d’entraînements du club ne raconte pas toute l’histoire.

Un adolescent peut cumuler plusieurs équipes, une séance de préparation physique, du sport scolaire et des compétitions le week-end. À cela s’ajoutent les trajets, les devoirs et parfois des nuits raccourcies.

Un même programme peut être bien toléré à une période et devenir plus difficile pendant les examens ou après une maladie.

Une piste simple consiste à établir ensemble le planning réel de la semaine, en faisant apparaître les activités, les temps de transport, le sommeil et les moments libres. Cela aide à repérer les journées particulièrement chargées et les possibilités d’adaptation. [2]

Quel est le rôle du kinésithérapeute ?

Évaluer les difficultés rencontrées

Le bilan commence par un échange avec le jeune et ses parents : localisation des douleurs, circonstances d’apparition, évolution, entraînements récents et objectifs.

Selon la situation, le kinésithérapeute évalue ensuite la mobilité, la force, l’endurance, l’équilibre et les gestes qui posent problème.

Il ne s’agit pas de rechercher à tout prix un « défaut de posture » ou un déséquilibre qui expliquerait tout. L’examen aide à choisir les exercices et à déterminer si un avis médical complémentaire est nécessaire.

Adapter les sollicitations

L’adaptation peut porter sur la durée, l’intensité ou la fréquence des séances, mais aussi sur certains gestes : sauts, sprints, lancers ou changements de direction.

Adapter ne veut pas toujours dire tout arrêter. Une activité différente peut parfois être maintenue. En revanche, certaines blessures, notamment une suspicion de lésion osseuse de fatigue, nécessitent une interruption des contraintes concernées et un bilan médical.

Reconstruire progressivement les capacités

Selon le diagnostic, la rééducation peut comprendre du renforcement, du travail de coordination et une réintroduction progressive des gestes sportifs.

Le programme doit rester compréhensible et adapté à l’âge. Il évolue selon les symptômes et les capacités retrouvées, plutôt qu’en fonction d’une date de reprise fixée à l’avance.

Avec l’accord de la famille et du jeune, les échanges avec l’entraîneur peuvent aider à rendre les adaptations cohérentes entre les séances de soins et le terrain. [2]

La récupération fait partie de l’entraînement

Préserver le sommeil

Les repères habituels sont de 9 à 12 heures de sommeil par 24 heures entre 6 et 12 ans, puis de 8 à 10 heures entre 13 et 18 ans.

Ces fourchettes donnent un cadre. La somnolence en journée, les difficultés à se lever et la fatigue persistante méritent aussi d’être prises en compte. [3]

Prévoir de véritables pauses

L’American Academy of Pediatrics conseille de viser au moins un à deux jours par semaine sans compétition ni entraînement spécifique au sport pratiqué.

Ces pauses peuvent laisser une place aux activités libres et au plaisir de bouger, sans objectif de performance. Elles doivent être pensées à l’échelle de tous les clubs fréquentés : un jour sans football remplacé par un entraînement intense ailleurs n’est pas forcément une journée de récupération. [1]

Manger suffisamment pour grandir et pratiquer

Une alimentation variée doit aussi apporter suffisamment d’énergie. Un jeune peut manquer d’apports sans chercher volontairement à manger moins, simplement parce que ses besoins ont augmenté.

Un déficit énergétique prolongé peut affecter la santé osseuse, la récupération, les fonctions hormonales et les performances. Ce phénomène, appelé déficit énergétique relatif dans le sport, concerne les filles comme les garçons. [4]

Des blessures osseuses répétées, une perte de poids, une croissance préoccupante ou des règles qui s’espacent ou disparaissent justifient un avis médical. L’absence de règles ne doit pas être considérée comme une conséquence normale d’un entraînement sérieux.

Garder le jeune au centre des décisions

Le jeune sportif doit pouvoir signaler une douleur, demander une pause ou exprimer une lassitude sans craindre de décevoir.

Des questions simples peuvent ouvrir le dialogue : « Qu’est-ce qui te plaît encore ? », « Comment te sens-tu après les séances ? », « Qu’aimerais-tu changer dans ta semaine ? »

Valoriser l’apprentissage et la participation, et permettre une pratique variée, contribue à construire une relation durable avec le sport. Les décisions doivent tenir compte de son avis, de ses envies et de son développement. [2]

Quand demander un avis médical ?

Une douleur persistante, une boiterie, une douleur au repos ou la nuit, ou une fatigue qui perturbe la vie quotidienne nécessitent une évaluation.

Un malaise ou une douleur thoracique pendant l’effort impose l’arrêt de l’activité et une évaluation médicale rapide.

Le kinésithérapeute peut contribuer au repérage et à l’accompagnement, mais il ne remplace pas le bilan médical lorsqu’une maladie, une fracture de fatigue ou un syndrome de surentraînement est suspecté.

Accompagner une pratique sportive durable

Au Centre Avenue Meurée, à Marcinelle, nous accompagnons les jeunes sportifs pour évaluer leurs difficultés, adapter les exercices et préparer une reprise progressive en lien avec les autres professionnels concernés.

L’objectif est de retrouver des capacités adaptées à leur activité, tout en préservant la confiance et le plaisir de pratiquer.

Prendre rendez-vous au Centre Avenue Meurée


Sources

1. Brenner JS, Watson A et al. — Overuse Injuries, Overtraining, and Burnout in Young Athletes. Pediatrics, 2024. Rapport clinique sur les blessures de surcharge, le surentraînement et l’épuisement chez les jeunes sportifs.
Consulter sur PubMed

2. Bergeron MF et al. — International Olympic Committee consensus statement on youth athletic development. British Journal of Sports Medicine, 2015. Développement individualisé, santé et accompagnement des jeunes sportifs.
Consulter le consensus

3. Paruthi S et al. — Recommended Amount of Sleep for Pediatric Populations: A Consensus Statement of the American Academy of Sleep Medicine. Journal of Clinical Sleep Medicine, 2016.
Consulter le texte intégral

4. Mountjoy M et al. — 2023 International Olympic Committee’s consensus statement on Relative Energy Deficiency in Sport (REDs). British Journal of Sports Medicine, 2023.
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