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Conseils & santé

Faire craquer ses articulations : bonne ou mauvaise idée ?

Femme s'étirant doucement dans un cabinet d'ostéopathie, cherchant à soulager ses articulations.

À retenir

  • Un bruit articulaire isolé ne renseigne pas à lui seul sur l’état d’une articulation et n’est pas un objectif de soin.
  • Les données sur les doigts ne permettent pas de garantir l’innocuité de tous les gestes, notamment des mouvements forcés du cou. Douleur, gonflement ou traumatisme justifient une évaluation ; des signes neurologiques soudains nécessitent d’appeler le 112.

Les doigts qui craquent, un bruit dans le dos en s’étirant, une épaule qui clique… Les bruits articulaires sont fréquents et peuvent susciter des questions. Est-ce un signe d’usure ? Faut-il chercher à faire craquer une articulation pour la « débloquer » ?

Un bruit isolé ne suffit pas à déterminer l’état d’une articulation. Ce qui compte surtout, c’est le contexte : présence de douleur, gonflement, traumatisme ou difficulté à bouger.

Il faut également distinguer un craquement spontané d’un mouvement forcé réalisé pour provoquer un bruit.

Pourquoi les articulations craquent-elles ?

Certains craquements sont liés à un phénomène de cavitation dans le liquide synovial, qui participe à la lubrification de l’articulation.

Lorsque les surfaces articulaires s’écartent rapidement, la pression change et une cavité gazeuse peut se former. Une étude réalisée par IRM en temps réel sur les articulations des doigts a observé cette formation au moment du craquement. L’explication ne se résume donc pas à des bulles déjà présentes qui « éclatent ». Kawchuk et collaborateurs, 2015.

Cette étude portait sur les doigts : elle ne permet pas d’expliquer tous les clics, grincements ou claquements du corps.

Un craquement ne prouve pas qu’un os ou une vertèbre était déplacé et vient d’être remis en place.

Faire craquer ses doigts donne-t-il de l’arthrose ?

Les données disponibles ne montrent pas d’association convaincante entre l’habitude de faire craquer ses doigts et l’arthrose de la main.

Une étude publiée en 2011 n’a notamment pas retrouvé de lien entre cette habitude et l’arthrose, y compris en tenant compte de sa durée et de sa fréquence. Il s’agit toutefois de données observationnelles, qui ne permettent pas de garantir l’innocuité de tous les gestes. Deweber et collaborateurs, 2011.

Ces résultats concernent les doigts. Ils ne doivent pas être extrapolés aux manipulations forcées du cou ou du dos.

Si le geste provoque une douleur, il vaut mieux l’arrêter plutôt que d’insister pour obtenir un bruit.

Pourquoi ressent-on parfois un soulagement ?

Certaines personnes décrivent une sensation de détente ou une impression de mouvement plus facile après un craquement.

Cette sensation peut être réelle, mais elle ne démontre pas qu’un problème mécanique a été corrigé. Le mouvement, les effets sensoriels et les attentes autour du geste peuvent participer à l’expérience ressentie.

Une revue systématique portant sur les manipulations vertébrales n’a pas retrouvé de meilleurs résultats sur la douleur lorsqu’un bruit était entendu. Les études étaient peu nombreuses, mais elles ne soutiennent pas l’idée qu’un craquement soit nécessaire pour qu’un traitement apporte un bénéfice. Moorman et Newell, 2022.

Le bruit n’est donc pas un indicateur fiable de réussite d’une séance.

Et si j’ai souvent envie de me faire craquer ?

La fréquence du geste ne permet pas, à elle seule, de diagnostiquer une mauvaise posture, un manque de mobilité ou un « déséquilibre ».

Il est plus utile de regarder ce qui accompagne cette envie :

  • une sensation de raideur qui revient ;
  • une douleur pendant certains mouvements ;
  • une gêne au travail ou dans le sport ;
  • un soulagement très bref, suivi du besoin de recommencer ;
  • une difficulté à bouger normalement.

Si vous cherchez régulièrement à faire craquer une zone parce qu’elle est douloureuse, une évaluation peut aider à comprendre la gêne et à discuter d’autres moyens de la gérer.

L’objectif n’est pas de supprimer chaque bruit, mais de retrouver des mouvements et des activités confortables.

Faut-il être plus prudent avec le cou ?

Oui. Un craquement entendu lors d’un mouvement doux ne doit pas être confondu avec une manipulation cervicale rapide et forcée.

Des complications graves, notamment neurologiques ou vasculaires, ont été rapportées après des manipulations du cou. Elles sont rares, leur fréquence exacte reste difficile à estimer et le lien de causalité n’est pas toujours établi. Ces incertitudes justifient une évaluation préalable et une information sur les bénéfices, les risques et les alternatives. NCCIH — Manipulations vertébrales.

Évitez de forcer votre cou pour rechercher un craquement ou de demander à un proche de le manipuler.

Une séance d’ostéopathie doit-elle forcément faire craquer ?

Non. Les manipulations avec impulsion sont une possibilité parmi d’autres et ne sont pas indispensables à chaque prise en charge.

Selon votre situation, l’accompagnement peut comprendre des mobilisations, des exercices, des conseils ou d’autres techniques manuelles. Certaines manipulations peuvent apporter un bénéfice modeste sur la douleur et la fonction, notamment pour le mal de dos, mais elles ne garantissent pas un résultat durable. NCCIH — Manipulations vertébrales.

Vous pouvez exprimer vos préférences et refuser une technique. Le praticien doit vous expliquer ce qu’il propose et discuter des autres options.

Il n’est pas nécessaire de provoquer un bruit pour considérer qu’une séance a été utile.

Quand faut-il consulter ?

Un bruit articulaire isolé, indolore et sans limitation n’impose généralement pas de traitement.

En revanche, un avis est pertinent lorsque le craquement s’accompagne d’une douleur persistante, d’un gonflement, d’un blocage ou d’une perte de fonction. Après un traumatisme, une douleur importante ou une incapacité à utiliser le membre mérite une évaluation rapide.

Après un mouvement du cou, une douleur soudaine et inhabituelle, surtout si elle s’accompagne d’un mal de tête intense, doit être évaluée rapidement. En présence de troubles de la parole ou de la vision, d’une faiblesse d’un côté du corps ou d’une difficulté soudaine à marcher, appelez le 112.

Notre approche au Centre Avenue Meurée

Au Centre Avenue Meurée, nous nous intéressons à vos symptômes, à vos difficultés et à vos objectifs, plutôt qu’au nombre de craquements entendus pendant une séance.

Le bilan permet de déterminer si des soins sont utiles, de proposer un accompagnement adapté ou de vous orienter vers un avis médical lorsque cela est nécessaire.

Vos articulations craquent avec une douleur ou une gêne qui revient ? Une consultation permet de faire le point et de discuter des solutions adaptées à votre situation.

Centre Avenue Meurée
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Sources scientifiques et repères

1. Kawchuk G. N. et collaborateurs. Real-time visualization of joint cavitation. PLOS ONE, 2015;10(4):e0119470.
Étude par IRM montrant la formation d’une cavité au moment du craquement des articulations des doigts.
Consulter sur PubMed

2. Deweber K., Olszewski M., Ortolano R. Knuckle cracking and hand osteoarthritis. Journal of the American Board of Family Medicine, 2011;24(2):169–174.
Étude observationnelle sur le craquement des doigts et l’arthrose de la main.
Consulter sur PubMed

3. Moorman A. C., Newell D. Impact of audible pops associated with spinal manipulation on perceived pain: a systematic review. Chiropractic & Manual Therapies, 2022;30:42.
Revue systématique sur le lien entre le bruit d’une manipulation et ses effets sur la douleur.
Consulter sur PubMed

4. National Center for Complementary and Integrative Health — NIH. Spinal Manipulation: What You Need To Know.
Synthèse des bénéfices possibles, des limites et des risques des manipulations vertébrales.
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