À retenir
- Après une entorse, il faut d’abord vérifier la nature de la blessure, puis reprendre progressivement l’appui, les mouvements et les exercices adaptés.
- Marcher sans douleur ne signifie pas forcément être prêt pour le sport. Une déformation, un pied froid ou anormalement coloré, ou une perte de sensibilité nécessitent une évaluation urgente.
Un pied qui se dérobe sur un terrain irrégulier, une mauvaise réception ou une marche manquée… Une entorse de cheville peut survenir pendant le sport comme dans la vie quotidienne.
La douleur diminue parfois rapidement, donnant l’impression que tout est rentré dans l’ordre. Pourtant, marcher à nouveau ne signifie pas toujours que la cheville est prête à courir, sauter ou changer brusquement de direction.
Bien récupérer consiste à retrouver les capacités nécessaires à vos activités, tout en réduisant le risque de nouvelle entorse.
Première étape : vérifier la nature de la blessure
Une entorse correspond à une lésion d’un ou de plusieurs ligaments. Le plus souvent, elle touche les ligaments situés sur le côté externe de la cheville lorsque le pied se tord vers l’intérieur.
Mais une douleur après une torsion n’est pas forcément une simple entorse. Une fracture ou une autre lésion peut donner des symptômes proches.
Une évaluation rapide est particulièrement importante si :
- vous ne pouvez pas prendre appui ou faire quelques pas ;
- la douleur est importante, notamment sur une zone osseuse ;
- le gonflement est marqué ou augmente rapidement ;
- les symptômes s’aggravent au lieu de s’améliorer.
Une déformation, un pied froid ou anormalement coloré, ou une perte de sensibilité nécessitent une évaluation urgente. [1] [2]
La radiographie n’est pas systématique. Le professionnel recherche des signes précis, notamment à l’aide des critères d’Ottawa, pour déterminer si elle est nécessaire. Une IRM n’est généralement pas le premier examen après une entorse habituelle. [2] [3]
Les premiers jours : protéger et soulager
Au moment de la blessure, interrompez l’activité. Inutile de continuer un match ou une séance pour « tester si ça passe ».
Selon la douleur et la gravité, une attelle, une chevillère ou des béquilles peuvent faciliter les déplacements et protéger la cheville. Une compression confortable et la surélévation de la jambe peuvent également aider à gérer le gonflement.
Le froid peut être utilisé brièvement pour soulager la douleur, avec un tissu entre la peau et la poche froide. Il s’agit d’un moyen de confort, pas d’un traitement qui répare les ligaments. [1] [2]
Pour les médicaments, demandez conseil au médecin ou au pharmacien. Les anti-inflammatoires peuvent avoir une place sur une courte durée dans certaines situations, mais ils ne conviennent pas à tout le monde et ne sont pas indispensables dans chaque entorse. [2]
Faut-il suivre le principe « PEACE & LOVE » ?
Vous avez peut-être entendu parler de cette approche, qui associe protection initiale, information et reprise progressive de l’activité.
Elle met en avant une idée utile : la récupération ne se limite pas à attendre que la douleur disparaisse.
Elle ne doit toutefois pas devenir une règle rigide. Il serait excessif d’en déduire qu’il faut toujours éviter le froid ou les anti-inflammatoires, ou qu’une immobilisation n’est jamais indiquée.
Les recommandations cliniques privilégient généralement un traitement fonctionnel avec reprise progressive de l’appui. Certaines entorses sévères peuvent néanmoins nécessiter une courte immobilisation décidée après examen. [2] [4]
Reprendre l’appui et le mouvement progressivement
Après l’évaluation, et en l’absence de contre-indication, l’objectif est habituellement de réintroduire l’appui et les mouvements selon la tolérance.
Cela peut commencer par des déplacements courts, éventuellement aidés, et des mouvements simples dans une amplitude confortable.
La progression tient compte de la réaction de la cheville : douleur, gonflement, qualité de la marche et évolution dans les heures qui suivent. Une aggravation nette ou durable invite à réduire la sollicitation et à réévaluer la situation.
Bouger tôt ne signifie pas forcer. Il s’agit de choisir une charge adaptée à la blessure et à son évolution. [4]
La rééducation : retrouver plusieurs capacités
Une rééducation active se construit autour de vos difficultés et de vos objectifs. Elle ne se résume ni aux massages ni à tenir en équilibre sur un coussin.
Retrouver la mobilité
Une cheville raide peut gêner la marche, les escaliers ou les mouvements accroupis. Les exercices visent à récupérer progressivement les amplitudes utiles.
Reconstruire la force et l’endurance
Le mollet et les muscles qui contrôlent les mouvements de la cheville participent à l’appui, à la propulsion et à la stabilité.
Selon le bilan, le travail peut évoluer vers des montées sur la pointe des pieds, des exercices contre résistance et des mouvements en appui sur une jambe.
Travailler l’équilibre et les réactions
Après une entorse, la précision des appuis et les réactions de stabilisation peuvent être perturbées.
Les exercices progressent alors de situations simples vers des tâches plus exigeantes : déplacements, changements de direction, réceptions ou réactions à un déséquilibre.
Préparer les gestes de votre activité
Les besoins ne sont pas les mêmes pour reprendre la marche, travailler debout, courir ou jouer au football. La fin de la rééducation doit donc se rapprocher des contraintes réelles de votre quotidien ou de votre sport. [4]
Les études montrent qu’une rééducation fondée sur les exercices peut réduire le risque de nouvelle entorse. Elles ne permettent toutefois pas de définir un programme unique idéal pour tout le monde. [5]
Combien de temps faut-il pour récupérer ?
Il n’existe pas de délai valable pour toutes les entorses.
Une blessure légère peut s’améliorer en quelques semaines. Une entorse plus importante ou associée à d’autres lésions peut demander plusieurs mois. La récupération dépend aussi des antécédents, des capacités initiales et des exigences de l’activité à reprendre. [1]
Il faut surtout distinguer plusieurs étapes : marcher confortablement, retrouver une journée normale, reprendre la course puis revenir à un sport avec sauts et changements de direction.
Le calendrier donne un repère ; les capacités retrouvées guident la progression.
Quand peut-on reprendre le sport ?
La disparition de la douleur au repos ne suffit pas à décider du retour au sport.
Le consensus international PAASS propose d’évaluer plusieurs dimensions :
- la douleur pendant l’activité et au cours des dernières 24 heures ;
- la mobilité, la force, l’endurance et la puissance ;
- la confiance dans la cheville et le sentiment de stabilité ;
- l’équilibre et le contrôle des appuis ;
- les sauts, les changements de direction et les gestes propres au sport.
La capacité à réaliser une séance complète d’entraînement constitue également un repère utile. Ce cadre aide à prendre une décision individualisée ; il ne garantit pas l’absence de récidive. [6]
Et si la cheville continue à « lâcher » ?
Des dérobements répétés, une douleur qui persiste ou des difficultés sur terrain irrégulier méritent une nouvelle évaluation.
Il peut être nécessaire d’adapter les exercices ou de rechercher une lésion associée. Continuer à solliciter la cheville sans comprendre ce qui limite sa fonction n’est pas toujours la meilleure solution.
Une chevillère peut être utile dans certaines activités, notamment après des entorses répétées. Elle complète le travail de rééducation selon la situation. [4]
Un accompagnement adapté à votre reprise
Au Centre Avenue Meurée, à Marcinelle, la prise en charge en kinésithérapie vise à évaluer vos difficultés, construire une progression adaptée et vous préparer aux contraintes de vos activités.
L’objectif est de retrouver une cheville fonctionnelle et davantage de confiance dans vos appuis, avec des étapes adaptées à votre évolution.
Prendre rendez-vous au Centre Avenue Meurée
Sources
1. NHS — Sprains and strains. Signes nécessitant une consultation, premiers soins et variabilité des délais de récupération.
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2. Assurance Maladie — Entorse de la cheville : consultation et traitement. Examen, indications d’imagerie, protection et prise en charge.
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3. Haute Autorité de santé — Entorse du ligament collatéral latéral de cheville, 2025. Diagnostic différentiel et recherche des signes d’alerte.
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4. Martin RL et al. — Ankle Stability and Movement Coordination Impairments: Lateral Ankle Ligament Sprains Revision 2021. Journal of Orthopaedic & Sports Physical Therapy. Recommandations cliniques.
Consulter sur PubMed
5. Wagemans J et al. — Exercise-based rehabilitation reduces reinjury following acute lateral ankle sprain: A systematic review update with meta-analysis. PLOS ONE, 2022.
Consulter sur PubMed
6. Smith MD et al. — Return to sport decisions after an acute lateral ankle sprain injury: introducing the PAASS framework—an international multidisciplinary consensus. British Journal of Sports Medicine, 2021. Consensus d’experts pour guider l’évaluation du retour au sport.
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